EDITO // PME : ces entreprises sociales qui s’ignorent

Chef d'entreprise- PME

A l’heure où s’ouvre le Salon des Entrepreneurs à Paris, l’entrepreneuriat social fait partie des grandes tendances de cette 20ème édition. Ce secteur a le vent en poupe, à en croire son importance (10% du PIB, 12% de l’emploi), mais surtout sa popularité, notamment auprès des jeunes générations. Une entreprise sociale est une structure qui vend des produits et des services, tout en répondant à un problème de société (le chômage de longue durée, la dépendance des personnes âgées, le logement des personnes en situation de précarité,…). En somme des entrepreneurs comme les autres, des chefs d’entreprise confrontés aux mêmes difficultés que les autres : financement, trésorerie, variations d’activité,… A ceci près que leur activité a un impact positif sur la collectivité, notamment auprès des plus fragiles. Mais n’est-ce pas le cas d’une grande partie des entreprises françaises ?

Nous comptons aujourd’hui plus de 2,5 millions de petites et moyennes entreprises (PME), représentant près de la moitié de l’emploi de notre territoire. La plupart d’entre elles ne se considèrent pas comme des entreprises sociales et n’ont jamais vraiment eu l’ambition de l’être. A y regarder de plus près, certaines d’entre elles ont un impact social positif, parfois très important sur la collectivité et ses membres les plus en difficulté. Elles ne se sont fixées aucun objectif social, et pourtant, grâce à leurs produits ou à leur processus de production, elles contribuent à trouver des solutions à de graves problèmes de notre société. Citons ces PME, implantées sur des territoires considérés comme difficiles, qui recrutent et qui forment des personnes très exclues du marché de l’emploi, comme cette imprimerie du Tarn qui emploie 47 salariés dont 8 étaient des chômeurs de longue durée. Ces entreprises qui donnent la chance à des jeunes sortis du système scolaire de bénéficier d’une formation professionnelle, d’un emploi et donc d’un avenir. Prenons l’exemple de cette exploitation agricole franc-comtoise qui chaque année forme des jeunes dans l’impasse. Ou encore toutes celles qui innovent au service d’un environnement plus durable, comme cette start-up parisienne du numérique qui vend des solutions pour optimiser la consommation énergétique. On n’est pas entrepreneur social simplement parce que l’on recrute ou parce qu’on développe des nouvelles technologies. On le devient en revanche lorsque l’on embauche des personnes considérées comme « inemployables », ou que l’on rend ses produits accessibles au plus démunis.

Car l’entrepreneur comprend de plus en plus qu’il a une lourde responsabilité envers la société et l’environnement. La poursuite de l’enrichissement personnel n’est plus le seul facteur de motivation pour tous les porteurs de projets, notamment chez les jeunes. Trouver un sens à son activité outre la simple maximisation du profit, être utile à la société, voilà des motivations qui rassemblent de nombreux chefs d’entreprise en France. Ceux qui ont un impact positif fort sur la société sont à ce titre bien des entrepreneurs sociaux ! L’économie est le moteur du système. Si l’on veut changer les choses, l’entrepreneuriat est aujourd’hui un moyen à notre disposition pour créer la société que nous voulons.

Nicolas Hazard,
Président, Le Comptoir de l’Innovation

Crédits photo : AFP/Image Source

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